Santé mentale et stigmatisation
Quelle est la nature du problème?
La stigmatisation est l’un des facteurs qui dissuadent le plus les personnes atteintes
de maladie mentale de chercher de l’aide.
Bon nombre de personnes ayant un problème de santé mentale jugent que la stigmatisation cause plus de souffrance que la maladie.
La maladie mentale affecte des gens de tout âge et de tous les milieux. Elle revêt des formes diverses, notamment la dépression, l’anxiété ou la schizophrénie.
Qu’entend-on par « stigmatisation »?
La stigmatisation désigne deux choses : soit une attitude négative et défavorable, soit
un comportement négatif résultant d’une telle attitude. Ceux et celles qui ont un problème de santé mentale sont souvent victimes de stigmatisation en raison de :
- Situations inéquitables au travail, en matière de logement et d’éducation ainsi que dans d’autres secteurs que l’on tient habituellement pour acquis.
- L’éloignement d’amis et de proches (qui composent le réseau social et de soutien).
- L’auto-stigmatisation qui survient quand une personne atteinte de maladie mentale pense que les messages négatifs qu’elle reçoit sont véridiques.
Que fait la Commission de la santé mentale du Canada?
La Commission de la santé mentale du Canada a lancé l’initiative Changer les mentalités en 2009. Il s’agit du plus vaste effort jamais entrepris systématiquement au Canada pour réduire la stigmatisation associée à la santé mentale.
Cette initiative a d’abord été conçue pour identifier et évaluer, avec des partenaires de partout au Canada, des programmes de lutte contre la stigmatisation en vue d’en établir l’efficacité et le potentiel de réplication à l’échelle nationale.
En 2009, Changer les mentalités a publié une demande d’intérêt à la grandeur du pays. Les organismes ont été invités à exprimer leur intérêt à devenir un site pilote où un programme serait mis en œuvre et évalué. Environ 250 candidatures ont été reçues. Un comité de sélection impartial constitué d’experts nationaux et internationaux a procédé au choix des projets qui ont ensuite été soumis à un examen. De nouveaux projets s’ajoutent régulièrement au processus d’évaluation.
Qui est impliqué?
Changer les mentalités collabore avec 65 partenaires et avec 45 projets qui ont cours au Canada. Lors de la préparation du rapport sénatorial intitulé De l’ombre à la lumière, lequel a mené à la création de la Commission, des sessions de consultation nationales ont fait resurgir la nécessité d’agir en vue d’éliminer la stigmatisation. On a alors initialement ciblé les groupes suivants :
- Personnel soignant
Les pourvoyeurs de soins de santé mentale travaillent souvent sous la pression. Ils ont peu de temps à accorder à leurs patients et n’ont pas nécessairement la formation pour traiter adéquatement les personnes ayant un problème de santé mentale. Ces dernières déclarent souvent avoir ressenti la stigmatisation la plus blessante de la part du personnel soignant de première ligne.
- Jeunes de 12 à 18 ans
Quelque 70 p. 100 des adultes atteints de maladie mentale affirment que les symptômes se sont développés avant qu’ils aient 18 ans. La crainte de la stigmatisation retarde souvent l’obtention d’un diagnostic et d’un traitement. Or, une intervention précoce peut changer considérablement le cours d’une vie.
- Milieux de travail
Un employé sur cinq éprouve un problème de santé mentale chaque année. Souvent, les employés refusent de se faire soigner de crainte de se faire étiqueter en tant que personnes « peu fiables, non productives et non dignes de confiance ».
- Médias
Les médias influencent grandement l’opinion publique. Les stéréotypes et les préjugés au sujet de la maladie mentale sont largement véhiculés par les médias. Plus du tiers des reportages traitant de santé mentale s’attardent essentiellement sur un meurtre ou un crime violent.
Quels sont les résultats?
Chacune des composantes précédemment mentionnées de l’initiative Changer les mentalités contient un volet évaluation. L’information obtenue grâce à l’évaluation des projets servira à appuyer les étapes subséquentes, comme la conception de boîtes à outils, la reproduction de programmes et la mise sur pied de campagnes médiatiques. Ces instruments seront également évalués et les résultats obtenus détermineront les orientations futures.
Découvrez quels sont les résultats actuels.