Faire valoir les arguments en faveur des investissements dans le système de santé mentale du Canada à l’aide de considérations économiques donne suite à La nécsessité d'investir dans la santé mentale au canada, un rapport fondamental publié par la Commission de la santé mentale en 2013 qui présentait des arguments convaincants en faveur des investissements en santé mentale.

Le nouveau rapport va plus loin en examinant où les investissements auront les plus grandes répercussions. Il montre aussi que les investissements judicieux en santé mentale sont payants. Tandis que les décideurs, les administrateurs des soins de santé et les représentants élus doivent prendre des décisions difficiles à savoir où investir dans les programmes et services de santé mentale, Faire valoir les arguments en faveur des investissements dans le système de santé mentale du Canada à l’aide de considérations économiques peut aider à orienter leurs choix.

Même s’il existe de vastes données internationales sur la rentabilité de certaines interventions en santé mentale, ce rapport fait ressortir neuf études canadiennes d’importance qui mettent en évidence la façon dont les approches qui reposent sur les données probantes permettent de compenser les coûts. Les principales de constatations de ces études sont les suivantes :

Il existe de solides preuves selon lesquelles la promotion, la prévention et l’intervention précoce, surtout chez les enfants et les jeunes, produisent des coûts-avantages nets.

  • En investissant pendant la jeunesse, il est possible d'économiser presque 25 p. 100 en services publics par personne.
  • Les équipes d’intervention rapide pour les jeunes qui se retrouvent à l’urgence en raison de pensées suicidaires permettent de réduire de moitié les frais de soins de santé par personne.

La plupart des maladies et des problèmes associés à la santé mentale se traitent à peu de frais, souvent par des interventions de courte durée. La plupart des gens aux prises avec une maladie ou un problème associé à la santé mentale sont affectés de façon légère à modérée. Ils représentent environ 15 p. 100 de la population chaque année.

  • En offrant aux gens en congé d’invalidité de courte durée un accès rapide aux soins collaboratifs, il est possible de réduire le congé de 16 jours par personne en moyenne, en plus de faire baisser le nombre de personnes qui passent à l’invalidité à long terme.
  • En offrant aux visiteurs fréquents des urgences une séance de counselling, dont le coût est compensé par les visites à l’hôpital évitées et les économies attribuables à un retour plus rapide au travail, on peut économiser au moins 21 $ par client au cours du premier mois.
  • En offrant six séances de psychothérapie aux adultes qui reçoivent des soins primaires au lieu de leur fournir des sédatifs ou aucun traitement, il est possible de retirer des avantages économiques de 13 000 $.

Il existe des façons plus rentables de répondre aux besoins des personnes aux prises avec une maladie mentale grave ou avec une maladie ou un problème persistant associé à la santé mentale.

  • En investissant dans les services intensifs comme l’approche Logement d'abord, les services nécessaires coûtent la moitié moins que les services qui seraient normalement offerts. Seulement 1,5 p. 100 de la population a besoin de services intensifs et 3,5 p. 100 requiert des services plus spécialisés.

Ces interventions efficaces vont dans le même sens que le rapport de la CSMC Changer les orientation, changer des vies : Stratégie en matière de santé mentale pour le Canada ainsi que les stratégies des 13 provinces et territoires en matière de santé mentale et de dépendances.


Faits en bref

Les maladies et les problèmes associés à la santé mentale touchent une grande partie de la population canadienne.

  • En 2016, 7,5 millions de personnes au Canada vivaient avec une maladie ou un problème associés à la santé mentale. Cela correspond à une personne sur cinq chaque année.
  • En comparaison, cela représente plus que la population rassemblée de nos 13 capitales et presque deux fois plus que le nombre de personnes de tous âges qui vivent avec une maladie cardiaque ou le diabète de type 2.
  • Nous ne répondons que partiellement, ou encore pas du tout, aux besoins en santé mentale d'environ 1,6 million de personnes au Canada.

Les coûts économiques des maladies et des problèmes associés à la santé mentale sont considérables.

  • Les coûts totaux des problèmes de santé mentale pour l'économie canadienne dépassent les 50 milliards de dollars par année. Ils équivalent à presque 1 400 $ par personnes au Canada.

Quel montant le Canada investit-il dans la santé mentale?

  • Les 15,8 milliards de dollars dépensés par les secteurs public et privé en soins de santé mentale en 2015 au Canada représentaient 7,2 p. 100 des dépenses totales en santé au pays (219,1 milliards de dollars). Ce pourcentage est bien inférieur à celui des autres pays membres du G8. Par exemple, les services de santé nationaux de l’Angleterre consacrent 12 p. 100 à la santé mentale.

Parce qu’ils apparaissent durant la jeunesse, les maladies et les problèmes associés à la santé mentale ont des conséquences économiques à long terme.

  • Les symptômes des maladies et problèmes courants associés à la santé mentale peuvent apparaître dès 4 ans.
  • On rapport que 1,2 million d’enfants et de jeunes de moins de 19 ans vivent avec une maladie ou un problème associé à la santé mentale.
  • Environ la moitié des maladies et des problèmes associés à la santé mentale apparaissent à l'adolescence.
  • De 2013 à 2014, les hospitalisations d'enfants et de jeunes en raison de maladies et de problèmes de santé mentale ont augmenté de 37 p. 100.
  • Ce sont les jeunes adultes de 20 à 29 ans, au moment où ils terminent leurs études et entreprennent leurs carrières, qui sont les plus touchés par les maladies et les problèmes associés à la santé mentale.

La santé mentale de la population vieillissante du Canada est un problème qui croît en importance.

  • En 2016, 1,8 million de personnes de plus de 60 ans au Canada vivaient avec une maladie ou un problème associés à la santé mentale.
  • Près de 25 p. 100 des visites aux urgences sont effectuées par des personnes de 65 ans et plus qui sont aux prises avec une maladie ou un problème de santé mentale.