Louise Bradley reçoit un doctorat honorifique de l’Université de l’Alberta

La présidente et directrice générale de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), Louise Bradley, se trouvait à Vancouver lorsqu’elle reçut un appel inattendu.

« Devenir membre de l’Ordre du Canada était la dernière chose à laquelle je m’attendais, » a affirmé Mme Bradley. « J’ai demandé à mon interlocutrice si je pouvais noter son nom et son numéro de téléphone. J’aurais ainsi la preuve de ne pas avoir rêvé, » a-t-elle dit en riant.

En effet, ce n’était pas un rêve. Le 27 juillet, Mme Bradley et 83 autres nouveaux membres ont reçu la plus haute distinction civile honorifique au pays.

« Imaginez, » affirmait Mme Bradley, peu de temps après l’annonce publique, « malgré mes humbles débuts, après avoir été ballottée d’une famille d’accueil à une autre, on m’avait dit de modérer mes ambitions. Quel honneur de recevoir une telle distinction pour mon travail! Il s’agit d’une expérience si valorisante et pleine d’humilité. »

Alors que Mme Bradley était toujours renversée par la nouvelle, ses nombreux amis et collègues confirmaient qu’elle méritait entièrement cette distinction.

« Il s’agit d’un honneur insigne et fort mérité, » a indiqué Carole Lambie, présidente et directrice générale du Waypoint Centre for Mental Health Care, dans sa lettre de félicitations. « Nous sommes heureux de poursuivre notre plaidoyer continu en faveur d’un financement accru en santé mentale, et ce, à tous les ordres de gouvernement. Nous pourrons ainsi faire de l’amélioration de l’accès au système de soins de santé mentale une priorité.

Le président du conseil d’administration de la CSMC, Chuck Bruce, approuve. « Je connais Mme Bradley depuis les balbutiements de la CSMC, en 2006. Je l’ai vue mener cette organisation avec une inébranlable détermination et un inlassable dévouement envers les soins axés sur le rétablissement, l’amélioration de la sécurité psychologique en milieu de travail et le déclenchement de signaux d’alarme relativement aux taux de suicide à l’échelle du pays. »

Michel Rodrigue, vice-président du rendement organisationnel et des affaires publiques de la CSMC, indique que les réalisations de Mme Bradley ne découlent pas de motivations populaires ou opportunes. « Elle ne dirige pas l’organisation selon les tendances du moment. Elle se doit de connaître le système de soins de santé mentale dans les moindres détails, tant à titre de haute dirigeante que de bénéficiaire des services. »

Il s’agit du courage de Mme Bradley, de partager ses antécédents de maladie mentale, et de sa volonté d’incarner une voix puissante, mais vulnérable dans cet espace, qui a permis d’injecter vulnérabilité et résonance dans ses travaux de plaidoyer.

« Il y a environ cinq ans, j’ai décidé de lever le voile sur la situation, » a affirmé Mme Bradley. « Je n’avais jamais caché ma passion pour la santé mentale en tant que professionnelle, mais je n’avais jamais osé discuter de ma vie privée. J’ai réalisé que pour être authentique, je devais accepter et reconnaître mes antécédents. »

Mme Bradley a donc fusionné ses cheminements professionnels et personnels en santé mentale, élaborant de captivants récits destinés à un public composé de fournisseurs de soins de santé, de PDG et même de l’OCDE, sur la scène mondiale. Elle a sitôt divulgué les expériences pénibles qu’elle a vécues à la petite enfance, à Terre-Neuve, suivi du suicide dévastateur de sa meilleure amie, alors qu’elle poursuivait des études supérieures. 

« À vrai dire, se mettre à nu ainsi était une expérience terrifiante. Je m’étais toujours soigneusement présentée comme une dirigeante imperturbable. Or, j’ai rapidement réalisé que les gens ne veulent pas entendre les histoires d’une personne auxquelles ils ne peuvent pas s’identifier. En réalité, tout le monde peut comprendre les problèmes de santé mentale. »

M. Bruce est d’accord. « Mme Bradley donne l’exemple. Ses réalisations professionnelles sont bien documentées. Les distinctions et grades honorifiques s’accumulent toujours. Mais ces derniers ne sont témoins que d’une partie de son histoire. Ils ne peuvent accorder une juste valeur à sa gentillesse, sa compassion et son engagement envers son « leadership serviteur ». En dépit de toutes ses réalisations, Mme Bradley est toujours consciente de ses racines. Elle n’a pas peur d’exposer sa vulnérabilité afin que d’autres puissent y puiser de nouvelles forces. »

« Et cela, » conclut M. Rodrigue, « explique pourquoi aucun d’entre nous n’était surpris d’apprendre que Mme Bradley avait reçu cet appel à Vancouver. Personne ne le mérite autant. La grande famille de la CSMC, composée du conseil d’administration, de la haute direction, du personnel et des membres du conseil consultatif, est très fière. »