Une nouvelle trousse d’outils pour promouvoir la sécurité psychologique en milieu de travail pendant la pandémie de COVID-19

La COVID-19 oblige les employeurs de tous les secteurs à revoir leurs façons de faire. Au Canada, le récent assouplissement des restrictions a permis à de nombreuses entreprises de reprendre leurs activités et de recommencer à accueillir leurs employés en milieu de travail. Mais travailler pendant une pandémie n’a rien d’habituel et les changements apportés par les employeurs peuvent avoir un impact radical sur la santé mentale et physique de leurs employés.

« Créer un milieu de travail sain n’implique pas seulement de protéger la santé physique des gens », dit Liz Horvath, gestionnaire, Santé mentale en milieu de travail à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC). « Il faut également assurer leur sécurité psychologique. Nous devrons composer avec les répercussions de la pandémie pendant un certain temps, mais les employeurs ont un important rôle à jouer pour prendre des mesures proactives afin d’avoir une longueur d’avance sur l’augmentation de la prévalence des maladies mentales prévue ».

Afin d’aider les employeurs à assumer ces nouvelles responsabilités, l’équipe de Changer les mentalités de la CSMC a créé la Trousse d’outils pour l’intégration de la santé mentale aux activités pendant la pandémie de COVID-19. Cette trousse d’outils regroupe des lignes directrices, des fiches-conseils, des vidéos, des guides de discussion et d’autres ressources pour aider les employeurs et les travailleurs à incorporer la santé mentale dans tous les aspects de leurs milieux de travail.

Une des ressources de la trousse d’outils qui sera publiée prochainement comprendra un ensemble de lignes directrices ayant pour but d’aider les employeurs à aborder les principaux facteurs liés au milieu de travail qui peuvent affecter la santé mentale des membres du personnel pendant une pandémie. Ces facteurs sont fondés sur la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail, un cadre élaboré par la CSMC et le Groupe CSA pour aider à promouvoir la santé mentale et à prévenir les préjudices psychologiques au travail.

« Ces lignes directrices n’ont pas seulement pour but de réagir à la pandémie de manière ponctuelle », explique Mme Horvath. « Nous voulons encourager les employeurs à intégrer la santé mentale de façon proactive à leurs activités afin de traverser la pandémie actuelle et d’être mieux outillés pour faire face à d’éventuelles nouvelles crises. Bien que le Canada s’en sorte relativement bien pendant la pandémie actuelle, nous devons nous préparer à affronter les nouvelles vagues qui pourraient surgir ». 

Les lignes directrices encouragent les personnes en position d’autorité à ne pas oublier que les travailleurs peuvent faire face à diverses difficultés personnelles à l’extérieur du travail en temps de pandémie. « Lorsque nous parlons de rendement, nous devons parler de santé mentale », dit Mme Horvath.

« Le stress, c’est cumulatif », ajoute-t-elle. « Les difficultés auxquelles nous faisons face à l’extérieur du travail continuent de nous affecter lorsque nous sommes au travail, et vice-versa. En intégrant la santé mentale des travailleurs à leurs activités, les dirigeants peuvent réduire leur stress global. S’ils gèrent bien l’énergie, les gens peuvent bien travailler et bien vivre ».

Afin de soutenir les travailleurs pendant la pandémie, les lignes directrices encouragent les gestionnaires click to tweet fr 3

  • à utiliser l’écoute empathique
  • à comprendre l’impact psychologique des changements apportés au milieu de travail physique et à en tenir compte
  • à fournir à leurs travailleurs un espace sécuritaire pour partager ouvertement leurs besoins et leurs préoccupations
  • à se préparer à mettre en place des mesures d’adaptation pour les travailleurs qui ont besoin d’un soutien supplémentaire.

Le guide aborde aussi la question de la stigmatisation puisque bien souvent, les travailleurs n’osent pas parler de leurs préoccupations relatives à la santé mentale, soit parce qu’ils ont peur que leurs pairs les jugent, soit à cause de l’autostigmatisation. Les milieux de travail qui offrent de la formation au personnel et qui encouragent les discussions franches à propos de la santé mentale peuvent réduire la stigmatisation en milieu de travail et faire en sorte que les employés qui ont besoin d’aide la demandent plus tôt. Les employeurs doivent également gérer l’augmentation des blâmes et des paroles blessantes entre employés en s’assurant que ceux-ci reçoivent une protection psychologique contre la discrimination et le harcèlement associés à la stigmatisation sociale et à la xénophobie. 

La bonne nouvelle, selon ce que démontre la recherche, est que le fait de gérer les urgences et les désastres de manière adéquate peut avoir des répercussions positives sur la santé mentale des employés, notamment un meilleur moral, une plus grande résilience et une augmentation de la compassion.

« La pandémie rassemble les gens d’une manière inédite », remarque Mme Horvath. « Nous pouvons recréer cet esprit de connexion aux autres et de soutien en milieu de travail, pourvu que nous soyons déterminés à fournir les efforts nécessaires ».