Investissez dans la santé mentale des employés et donnez à votre entreprise un avantage concurrentiel

Note du rédacteur : Le présent article a été publié initialement le 4 février 2019 dans The Hill Times.

Dans l’économie mondiale d’aujourd’hui, les entreprises canadiennes qui veulent bénéficier d’un avantage concurrentiel doivent se creuser la tête et faire une introspection. Avec les salaires les plus élevés de l’OCDE, les coûts d’électricité qui sont à la hausse et notre plus proche partenaire commerciale qui adopte une position protectionniste, il nous faut user de créativité pour atteindre la réussite économique.

S’attaquer aux maladies mentales en milieu de travail fait, de toute évidence, partie de la solution, surtout que le Forum économique mondial estime que les problèmes de santé mentale coûteront près de 6 billions de dollars d’ici 2030. Mais la stigmatisation qui entoure la maladie mentale peut compliquer la lutte contre ses répercussions : des études démontrent que la moitié des Canadiens ne disent pas à leurs amis ou à leurs collègues de travail qu’un membre de leur famille vit avec une maladie mentale.

C’est là que 338 conversations entre en jeu. Cette initiative essentielle encouragera tous les 338 députés et les chambres de commerce de leur région à parler de la santé mentale aux Canadiens dans leur milieu de travail, là où ils passent la majeure partie de leur journée.

Chaque semaine, 500 000 personnes s’absentent du travail à cause d’un problème de santé mentale ou d’une maladie mentale, ce qui signifie que d’ignorer la maladie mentale témoigne, à tout le moins, d’un manque de perspicacité.

Dans les faits, l’amélioration de la santé mentale au travail peut réduire les pertes de productivité jusqu’à 30 pour cent. L’intégration de la santé psychologique aux politiques sur lesquelles reposent la culture et les valeurs d’un organisme constitue un moyen de protéger la santé mentale. Il en va de même si la divulgation et le soutien viennent supplanter le silence et le stoïcisme, car cela s’avère un pas important vers l’élimination de la stigmatisation qui empêche les gens de chercher l’aide dont ils ont besoin.

Ensemble, nous pouvons remodeler l’économie pour qu’elle soit plus saine et plus compétitive. S’ouvrir à l’inclusion, valoriser l’intelligence émotionnelle et favoriser des aptitudes comme la résilience ont autant d’importance que poursuivre l’excellence en science, en technologie, en ingénierie et en mathématiques. On ne peut s’épanouir dans son domaine, peu importe son intelligence, si l’on n’a pas accès aux outils et aux ressources qui permettent de bien supporter le stress au travail et dans la vie quotidienne.

Créer des milieux de travail psychologiquement sains grâce à des outils comme la Norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail (la Norme), qui a comme chef de file la CSMC depuis son lancement en 2013, ne profite pas seulement à un employé sur cinq aux prises avec un problème de santé mentale. De tels outils peuvent aussi nous guider dans la façon de promouvoir la santé psychologique et de prévenir les préjudices psychologiques susceptibles d’être causés par des facteurs liés au travail, et ce, pour tous les travailleurs et tous les organismes, peu importe la taille de l’organisme ou le secteur.

Au Canada seulement, nous perdons chaque année plus de 51 milliards de dollars en raison de problèmes de santé mentale et de maladies mentales, ce qui représente environ 1 400 $ pour chaque personne qui vivait au Canada en 2016. En ce qui concerne le coût sur le plan humain, rien qu’en Ontario, le fardeau des maladies mentales et des dépendances est 1,5 fois plus élevé que celui de tous les cancers réunis, y compris les années vécues à fonctionner avec des capacités réduites et des années perdues en raison de décès prématurés. 

De toute évidence, le milieu des affaires du Canada a beaucoup à y gagner, de même que les entreprises et les employés qui le composent. La bonne nouvelle est que la meilleure voie à suivre n’est pas uniquement sensée du point de vue des affaires, mais l’est aussi du point de vue humain.

Joignez-vous à la conversation à #NormeCan - Élevons la santé mentale en milieu de travail au standard de la Norme.

Par l’honorable Michael Wilson, C.P., C.C., président du conseil d’administration, Commission de la santé mentale du Canada et l’honorable Perrin Beatty, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada