En parler ne suffit plus…ouvrons la voie vers les services de santé mentale

Dans la foulée d’une autre Journée Bell Cause pour la cause réussie, il est important d’alimenter la discussion. Le 29 janvier, les messages textes et les gazouillis ont permis de recueillir la somme incroyable de 7 719 371 25 $ pour soutenir la santé mentale, renforçant ainsi une conviction de longue date de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), à savoir que les Canadiens ont la santé mentale à cœur.

Or, les résultats récemment publiés d’une enquête révèlent une autre réalité — un profond mécontentement par rapport au statu quo. Les temps d’attente peuvent atteindre un an, voire davantage, dans certaines provinces. Et il n’est pas exagéré de dire que, non traitées, certaines maladies mentales peuvent s’avérer fatales. Chaque année, au Canada, 4 000 vies sont perdues en raison du suicide.

En partenariat avec Nanos Research, la CSMC a voulu savoir ce que les gens de partout au pays pensent de la santé mentale. Comme plus de la moitié des répondants ont indiqué qu’eux-mêmes ou une de leurs connaissances ont déjà connu des retards dans l’accès aux services, il n’est pas surprenant que neuf répondants sur dix souhaitent un meilleur financement des services et un accès accru à ceux-ci.

Les cinq milliards de dollars — une somme sans précédent — investis par le gouvernement fédéral dans les soins de santé mentale sont encourageants, tout comme l’est le tout récent discours du Trône qui a reconnu la santé mentale comme un enjeu de politique sociale urgent. Mais la CSMC estime qu’il est tout aussi crucial de soutenir l’innovation dans la prestation des services de santé mentale. click_to_tweet_french

L’une de ces innovations est le Modèle de soins par paliers 2.0, élaboré par le Dr Peter Cornish à l’Université Memorial, que la CSMC a mis en œuvre auprès du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. En bonifiant le soutien traditionnel au moyen de technologies de cybersanté mentale et de consultations sans rendez-vous uniques, le Modèle de soins par paliers 2.0 a permis de réduire le temps d’attente de 68 % dans 15 cliniques aux quatre coins de la province.

L’enquête révèle aussi que huit Canadiens sur dix désirent une augmentation du financement pour les programmes de prévention du suicide. En réponse à cet appel, la CSMC a mis sur pied le projet communautaire de prévention du suicide Enraciner l’espoir, qui a été adopté par huit collectivités d’un bout à l’autre du pays — rejoignant 1,8 million de personnes au total. Fondé sur des pratiques exemplaires internationales et tirant parti des atouts de chaque collectivité, ce projet a pour but de réduire le nombre de suicides et d’atténuer leurs répercussions.

En mettant l’accent sur la collaboration, l’innovation et des investissements intelligents, une réforme importante en santé mentale — sur laquelle comptent les Canadiens — est possible.

D’ici dix ans, nous espérons que les résultats d’enquête indiqueront que les investissements dans l’innovation auront entraîné une diminution des temps d’attente et du nombre de personnes accusant des retards dans l’obtention des services dont elles ont besoin et qu’elles méritent.