Le programme de lutte contre la stigmatisation de la CSMC fleurit à l’international

En 2012, la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) était en avance sur son temps.

Pour faire tomber les préjugés entourant la maladie mentale, l’équipe de Changer les mentalités de la CSMC a organisé le plus grand sommet mondial de lutte contre la stigmatisation à Ottawa. C’est ainsi que la Global Anti-Stigma Alliance (GASA) a vu le jour.

« Nous nous aventurions en terrain inexploré, raconte Mike Pietrus, directeur de Changer les mentalités à la CSMC. Nous avions plus de 700 délégués en provenance de 29 pays et ce travail était nouveau pour nous tous. »

Composée des plus importants organismes à but non lucratif dans le domaine de la santé mentale, comme Time to Change au Royaume-Uni, One of Us au Danemark, Like Minds Like Mind en Nouvelle-Zélande et Beyond Blue en Australie, la GASA se réunit chaque année pour faire connaître ses réussites et échanger des pratiques exemplaires.

En sept ans à peine, l’équipe de Changer les mentalités s’est attaquée de plein fouet aux préjugés en élaborant ses propres programmes et initiatives, avec le soutien des meilleurs chercheurs dans leur domaine.

« En vérité, ce n’était pas toujours aisé, affirme Mike Pietrus, qui a concentré le programme sur des groupes précis. Nous parlons à des fournisseurs de soins, à des jeunes, aux médias et aux employeurs parce qu’en s’attardant à ces groupes, notre portée devient pratiquement illimitée. »

En fait, il semblerait que l’intérêt envers les programmes de Changer les mentalités soit sans fin. « Nos travaux sont très vite reconnus à l’échelle internationale. Même si nous partageons beaucoup de notre recherche axée sur des données probantes, nous recevons beaucoup en ce qui a trait à la validation de nos efforts. Les gens s’adressent à nous alors qu’ils pourraient faire appel à n’importe qui d’autre, alors cela en dit long sur notre crédibilité à l’échelle internationale. »

Lorsqu’on lui demande de faire le bilan de son travail international, Michael Pietrus admet qu’il n’aurait jamais pensé que le consortium qu’il a cofondé en 2012 entrainerait des changements si profonds. 

Cet automne, trois maîtres-formateurs se sont rendu en Australie pour montrer aux instructeurs comment donner le cours L’esprit au travail. La formation s’adressait au service d’incendie de Melbourne et au service de protection contre l’incendie de l’État de Victoria. Lifeline, un service national de soutien en situation de crise, offrira également le programme partout en Australie au cours de la nouvelle année.

Au Suriname, en novembre dernier, le cours Comprendre la stigmatisation a été très bien reçu. Il a été conçu par la CSMC et le Centre de toxicomanie et de santé mentale pour aider les fournisseurs de soins à confronter leurs propres préjugés lorsqu’ils traitent des gens vivant avec une maladie mentale. Parmi les participants, mentionnons le ministre de la Santé du pays ainsi que 35 médecins de famille et professionnels de la santé.

Cinq autres pays d’Amérique du Sud appliquent le programme Changer les mentalités financé par la CSMC et étendu aux fournisseurs de soins de santé dans les cliniques communautaires. L’outil élargi de lutte contre la stigmatisation, un outil validé pour mesurer les attitudes des professionnels de la santé à l’égard des personnes vivant avec une maladie mentale, a été traduit dans sept langues et consulté plus de 15 000 fois par des chercheurs et des organisations de partout dans le monde.

« Nous avons également obtenu des résultats extraordinaires lors du premier sommet international de lutte contre la stigmatisation chez les jeunes LA TÊTE HAUTE qui a eu lieu en Irlande, en octobre », affirme Mike Pietrus, reconnaissant que l’intérêt suscité par Changer les mentalités est très emballant.

Louise Bradley, présidente et directrice générale de la CSMC, n’est pas surprise par cet engouement international. « Ce travail est d’une importance capitale, mais il y avait un vide, et il reste encore beaucoup à faire. Nous avons atteint la pointe de l’iceberg de la stigmatisation, mais ce qu’il reste sous la surface est énorme. Nous devons aider les gens à se parler et à s’écouter avant de pouvoir nous attaquer au financement, à la législation et à d’autres aspects de la stigmatisation structurelle qui nuisent aux chances de rétablissement des gens. »

Mike Pietrus reconnaît que la stigmatisation structurelle est dans la mire de la CSMC, mais que pour en venir à bout, il faudra du temps. « La beauté de l’initiative Changer les mentalités, c’est qu’elle repose sur une méthode et de la recherche, qu’elle peut facilement être évaluée et reproduite. C’est pourquoi elle est adoptée à si grande échelle dans le monde. Nous avons déjà fait toutes les démarches. »

Pour ce qui est de la suite, Mike Pietrus mentionne de nouvelles occasions, dont l’intérêt du Carter Centre à Atlanta envers l’organisation d’un sommet LA TÊTE HAUTE. « Nous sommes très privilégiés de travailler avec des chercheurs canadiens de talent et d’avoir des partenaires si remarquables partout au pays », confie-t-il.

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense de la façon dont Changer les mentalités fleurit dans le monde, Louise Bradley rayonne de fierté. « Que dire, sinon que l’imitation est le compliment le plus sincère. »