Les entreprises sociales, ça rapporte!

L’investissement de 755 millions de dollars du gouvernement du Canada dans le Fonds de finance sociale pourrait être une bonne nouvelle pour les personnes vivant avec une maladie mentale.

La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) croit depuis longtemps que le fait d’avoir « un chez-soi, un emploi et un ami » est essentiel au rétablissement. Dans le domaine de la santé mentale, le rétablissement fait référence à la possibilité de mener une vie satisfaisante, valorisante et nourrie par l’espoir, qui n’est pas nécessairement exempte de contraintes, mais qui peut s’adapter aux défis qui surviennent.

Bon nombre d’entreprises d’un bout à l’autre du pays vendent des biens ou des services en misant sur l’activité économique pour obtenir des résultats sur le plan social. En outre, selon le Projet de sondages sur le secteur des entreprises sociales au Canada, plusieurs de ces entreprises appuient la santé mentale. En fait, plus de la moitié d’entre elles œuvrent en vue de réduire la pauvreté, un problème souvent associé à de moins bons résultats en santé mentale.

Les entreprises sociales qui offrent ce type de soutien, comme Krackers Katering à Ottawa, donnent aux gens qui vivent avec une maladie mentale l’occasion de développer des compétences utiles et de contribuer à la réussite d’une compagnie, tout en bénéficiant des mesures d’adaptation dont ils ont besoin pour s’épanouir. En retour, les employés jouent le rôle d’ambassadeurs en faisant tomber les préjugés grâce à leurs interactions positives avec la clientèle.

Qu’il s’agisse d’offrir des services de traiteur à des PDG ou de servir de délicieuses bouchées à des représentants élus, les employés de Krackers font preuve de professionnalisme, d’engagement et d’entregent tandis qu’ils brisent les idées reçues au sujet de la maladie mentale.

Ces entreprises offrent également à leurs employés un refuge lorsque leur maladie les empêche temporairement de travailler. Les employés sont encouragés à faire un pas vers l’avant, à passer à l’échelon supérieur puis à passer à autre chose en accroissant peu à peu leurs responsabilités lorsqu’ils relèvent de nouveaux défis. S’ils sont incapables de travailler en raison de leur maladie, ils peuvent réduire leurs responsabilités et conserver leur emploi.

C’est cette échelle mobile, qui tient compte des limites causées par la maladie sans amoindrir la contribution de chaque travailleur, qui favorise un milieu de travail axé sur la personne; en l’occurrence, servir de la bonne nourriture pour une bonne cause.

Puisque les profits sont réinvestis dans l’entreprise, les organisations comme Krackers ne dépendent pas du financement public. Cela dit, l’accès à des fonds réservés pour accroître le nombre d’entreprises sociales pourrait grandement aider à régler certains des problèmes sociaux qui prennent de l’ampleur au pays.

De la crise des opioïdes à la réduction de la pauvreté et de l’itinérance, miser sur l’innovation à l’aide de fonds consacrés aux bonnes causes est une initiative judicieuse, tant sur le plan social qu’économique.

En 2013, le rapport Une main-d’œuvre en quête d’emploi de la CSMC a été réalisé pour refléter l’expérience des personnes vivant avec une maladie mentale qui souhaitent travailler, malgré les obstacles qu’elles doivent surmonter. Puisque le fait de travailler est bénéfique pour la santé mentale et financière, en plus de solidifier les réseaux sociaux, nous avons développé une trousse d’outils qui a été publiée aujourd’hui au cours de la conférence sur la culture d’entreprise du Conference Board du Canada, avec pour but d’aider les organisations à ouvrir leurs portes à la main d’œuvre en quête d’emploi. La Trousse pratique pour aider les employeurs à créer des milieux de travail inclusifs peut être téléchargée.

En 2015, à l’occasion du forum Découvrir les talents cachés, la CSMC a accueilli plus de 100 champions des entreprises sociales. L’objectif était de montrer à toute la population que davantage de financement était nécessaire pour les modèles de gouvernance et de leadership des entreprises sociales.

Peu importe l’objectif visé par une entreprise sociale, que ce soit de nourrir les gens qui ont faim, de loger ceux qui sont sans abri ou d’intégrer les personnes vivant avec une maladie mentale sur le marché du travail, il existe un lien sous-jacent : la bienveillance qui reflète les valeurs de notre pays.

Chez Krackers, les employés saisissent l’occasion de briser le cycle de l'itinérance, de développer de nouvelles aptitudes et de se faire des amis pour la vie.

Il est difficile de mettre un prix sur ce genre de profits, et tout surplus n’est en fait que la cerise sur le gâteau.