La Boîte à dialogue a pour but de saisir les préoccupations des étudiants à propos de la santé mentale

Deux étudiants de niveau postsecondaire canadiens sur trois disent que le stress a un effet négatif sur leurs études. La moitié d’entre eux ont utilisé les services de santé mentale offerts sur le campus – dont 10 % en situation de crise – et plus du quart ont eu des pensées suicidaires. Parallèlement, les jeunes se sentent plus concernés par la santé mentale que jamais auparavant. Selon une recherche effectuée par Nielsen en octobre 2017, 87 % des jeunes affirment être plus conscients des problématiques de santé mentale qu’ils l’étaient il y a cinq ans.

« Les études postsecondaires représentent une période stimulante », affirme Louise Bradley, présidente-directrice générale de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC). « Mais nous sommes également conscients que faire des études postsecondaires présente de grands défis. Et dépendamment de la personne à qui vous vous adressez, ces défis peuvent être très différents. Pour certains, le défi est lié à leur nouvelle indépendance, aux difficultés financières ou à l’exposition au mésusage de substances. Pour d’autres – comme les étudiants plus âgés – ça peut être de jongler avec les responsabilités parentales et la rigueur du milieu universitaire. Pour des étudiants qui participent à un échange, ce sera plutôt le choc culturel ».

Myriam Lecousy, étudiante à l’Université McGill et membre du Conseil des jeunes de la CSMC, le sait d’expérience. « En tant que jeunes, nous en avons beaucoup sur les épaules. Certains facteurs, comme le fait de s’adapter à un nouvel environnement, de se faire un nouveau cercle d’amis, d’éprouver des difficultés financières, ou même de se concentrer pour avoir de bonnes notes peuvent grandement affecter notre vie ».

Afin de bien cerner ces divers besoins, la CSMC vient tout juste de créer une trousse d’outils appelée Boîte à dialogue pour soutenir les étudiants qui souhaitent contribuer à l’élaboration d’une nouvelle Norme canadienne sur la santé mentale des étudiants du postsecondaire.

En collaboration avec le Groupe CSA, et grâce au soutien financier de Bell Cause pour la cause, de la Fondation Rossy et de la Fondation RBC, la CSMC mène les travaux visant la création de la Norme sur la santé et la sécurité psychologiques pour les étudiants du postsecondaire, un cadre qui englobera la sensibilisation, la promotion, la prévention, les interventions, les mesures d’adaptation et la formation en santé mentale.

« Le succès de la Norme nationale sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail a ouvert la voie à cette nouvelle initiative. Nous pensons qu’en utilisant une approche systématique comparable, nous avons de grandes possibilités d’améliorer la vie et le succès académique des étudiants du postsecondaire au Canada », dit Mary Deacon, présidente de Bell Cause pour la cause.

« Nous reconnaissons que le bien-être mental d’une jeune personne a un grand rôle à jouer dans la capacité de celle-ci à réussir, et les réussites ont un effet direct sur la force de nos milieux de travail, de nos écoles et de nos communautés », dit Valerie Chort, vice-présidente, Citoyenneté d’entreprise chez RBC. « Grâce à notre partenariat avec la CSMC, Objectif avenir RBC offrira du soutien et des services en santé mentale pour aider à éliminer les obstacles, notamment la faible reconnaissance des signes et symptômes précoces des problématiques de santé mentale, le manque de réseaux de soutien par les pairs et un système de soins déconnecté ».

Lecousy, qui est membre du comité consultatif exécutif qui soutient l’élaboration de la norme postsecondaire, souligne qu’il est très important d’établir ces connexions. « Savoir comment et où trouver du soutien en santé mentale sur le campus est vraiment important, puisque c’est là que nous passons la plus grande partie de notre temps ».

« Nous voulons aller au cœur de ce que les établissements font déjà très bien et trouver où se trouvent les lacunes », a laissé entendre Sandra Koppert, directrice, Programmes et priorités à la CSMC. « Plus les gens qui participent à des dialogues ouverts nous feront parvenir leurs rétroactions, plus nous pourrons tenir compte d’une vaste gamme de points de vue afin d’assurer l’inclusivité de la Norme ».

Le Groupe CSA a mis sur pied un comité d’experts qui filtrera les renseignements recueillis et rédigera une ébauche du contenu technique. « Nous encourageons tous ceux qui ont un intérêt particulier pour la santé mentale des étudiants du postsecondaire à utiliser cette ressource très simple. C’est le contenu reçu qui fait la qualité de la norme. »

La Boîte à dialogue offre des conseils pratiques et concrets sur la manière d’ouvrir et de promouvoir la discussion. Le guide étape par étape couvre non seulement l’aspect logistique, par exemple comment trouver un local et établir un programme, mais il se penche aussi sur l’implication des participants en donnant des suggestions pour briser la glace et des conseils pour animer un dialogue fructueux. De plus, la Boîte à dialogue comprend des listes de vérification pratiques pour l’organisation de votre réunion, des modèles de courriels d’invitation, des lignes directrices pour un espace plus sécuritaire et des feuilles de travail prêtes à imprimer pour les participants.

« Nous y avons regroupé tout ce dont une personne a besoin pour organiser ce genre de discussion. C’est facile, le téléchargement est gratuit, et c’est simple à suivre », dit Koppert. Tous les points de vue doivent être pris en compte – des CÉGEPS et instituts techniques aux collèges et aux universités. C’est une conversation qu’il nous faut tous avoir! »