L’Irlande adopte le modèle canadien LA TÊTE HAUTE

Quand l’organisme irlandais de sensibilisation et de bienfaisance Cycle Against Suicide s’est lancé à la recherche d’un partenaire pour lutter contre la stigmatisation dans les écoles, son choix s’est arrêté sur les sommets LA TÊTE HAUTE de lutte contre la stigmatisation de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC).

« Les organisateurs ont cherché partout dans le monde afin de trouver le programme le plus solide s’appuyant sur des preuves pour gérer les enjeux de santé mentale et de bien-être dans les écoles », explique Bob Heeney, coordonnateur national de LA TÊTE HAUTE. « Ce fut tout un honneur d’être choisi. »

M. Heeney ajoute que le programme LA TÊTE HAUTE était susceptible d’avoir une forte résonance auprès de l’organisme irlandais, parce que le programme mise sur le partage d’histoires et que « les Irlandais adorent raconter des histoires ».  Il est également opportun de noter que le premier sommet national a eu lieu à l’Honorable Society of Kings Inns, la plus vieille faculté de droit d’Irlande. « Ici, nous marquons l’histoire dans un lieu chargé d’histoire », affirme M. Heeney.

D’après la dernière fiche de rendement de l’UNICEF sur le bien-être des enfants, un jeune Irlandais âgé de 15 à 19 ans sur 10 000 décédera par suicide. Ce rapport indique aussi que chez les adolescents plus jeunes, soit ceux âgés de 11 à 15 ans, « plus de 22 % ont rapporté présenter au moins deux symptômes psychologiques plus d’une fois par semaine ».

Même si l’Irlande doit faire face à de telles statistiques alarmantes, un sondage en ligne réalisé par la plus importante organisation de bienfaisance indépendante d’Irlande en services de santé mentale montre qu’il y a toujours une importante stigmatisation associée aux enjeux de santé mentale.  En effet, d’après ce sondage, les deux tiers des répondants ont affirmé que le fait d’être traité pour un problème de santé mentale représentait un signe d’échec personnel.

« Le programme LA TÊTE HAUTE s’attaque directement à la stigmatisation », mentionne Louise Bradley, présidente et directrice générale de la CSMC. « Nous sommes extrêmement fiers que ce programme conçu au Canada puisse aider à mettre en échec la stigmatisation à l’échelle mondiale. C'est un appui au formidable travail réalisé par notre équipe de Changer les mentalités, et cela nous rappelle que la stigmatisation demeure un obstacle généralisé et insidieux à la recherche d’aide. »

Et c’est là que le programme LA TÊTE HAUTE se démarque vraiment, d’après Stephanie Knaak, Ph. D., associée à la recherche du programme Changer les mentalités et professeure adjointe à l’Université de Calgary. « Les scores aux tests effectués après les sommets montrent une augmentation importante de la volonté à chercher de l’aide pour les problèmes de santé mentale et une connaissance accrue des endroits où l’on peut obtenir une telle aide. Ce qui est également encourageant, c’est que nous observons une augmentation similaire de la proportion des étudiants qui disent savoir maintenant comment aider un ami qui traverse un problème de santé mentale. »

« Dans un cas de maladie mentale ou de problème de santé mentale, une intervention précoce représente le meilleur facteur prédictif d’un résultat positif. Par conséquent, le programme LA TÊTE HAUTE trace le chemin pour que les jeunes puissent obtenir plus rapidement les services et le soutien dont ils ont besoin », affirme M. Heeney, qui ajoute que jusqu’à 95 % des étudiants qui assistent au sommet LA TÊTE HAUTE repartent en se sentant inspirés et motivés à l’idée d’agir contre la stigmatisation.

De retour en Irlande, le 4 octobre, plus de 85 étudiants issus de 21 écoles de Dublin ont appris comment devenir des champions de la santé mentale, avant de retourner dans leurs écoles et leurs collectivités pour mobiliser et informer leurs pairs.  Les organisateurs ont fait preuve d’une grande fidélité à l’égard du modèle des sommets, allant des exercices en petits groupes aux conférenciers qui partageaient leurs propres histoires de santé mentale vécues pendant leurs études secondaires.

« Les conférenciers parlent des moments difficiles, de l’isolement et parfois des conseillers impuissants », explique M. Heeney. « Puis, ils mettent l’accent sur la force requise pour aller chercher de l’aide et sur le travail nécessaire pour retrouver la santé. Mais avant tout, le but est de faire comprendre aux jeunes que la stigmatisation ne devrait plus exister et qu’elle ne devrait empêcher personne de retrouver la lumière après avoir traversé un long tunnel sombre. »

Le projet pilote irlandais a été un tel succès que les organisateurs prévoient mettre en œuvre l’an prochain des sommets régionaux avec des conférenciers locaux. « C’est vraiment formidable », conclut M. Heeney. « Nous formons une petite équipe, mais la demande pour le programme LA TÊTE HAUTE ne cesse croître. J’ai hâte de voir d’où proviendra la prochaine invitation. »