Soutenir les anciens combattants 365 jours par an au moyen de programmes accessibles

Par Louise Bradley, présidente et directrice générale, Commission de la santé mentale, et Dre Patricia Lingley-Pottie, présidente générale, l’Institut des familles solides.

Le mois de novembre souligne la semaine des anciens combattants et le jour du Souvenir – nous déposons des couronnes de fleurs et portons des coquelicots en guise de respect pour les hommes et les femmes qui ont servi pour le Canada. Au cours des 100 dernières années, soit depuis l’armistice à la fin de la Première Guerre mondiale, nous en avons appris beaucoup sur les blessures invisibles dont souffrent les militaires qui reviennent au pays. 

Alors que l’ensemble des connaissances ne cesse de croître à propos du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), nous comprenons aussi mieux la portée des blessures de stress opérationnel qui peuvent se manifester après un déploiement. Allant de la dépression et de l’usage problématique de substances à l'anxiété et au trouble obsessionnel compulsif, les problèmes de santé mentale et les maladies mentales représentent une réalité pour de nombreux membres des forces armées et leurs familles.

Les familles et les proches jouent souvent le rôle d'aidants ou de ceux qui gèrent de façon informelle des problèmes de santé mentale, et ce, avec peu ou pas de préparation du tout. Les organisations comme la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) et l’Institut des familles solides travaillent en vue d’aider les familles qui soutiennent ces héros.

Le programme Premiers soins en santé mentale (PSSM) de la CSMC à l'intention de la communauté des anciens combattants et financé par le ministère des Anciens Combattants, permet aux membres des forces armées et à leurs familles de reconnaître une crise de santé mentale et d’intervenir de façon appropriée jusqu’à l’obtention d’une aide professionnelle. Les sujets couverts par le PSSM, communauté des anciens combattants, comprennent notamment les troubles liés aux substances, l’anxiété et les troubles associés à des traumatismes. Le programme enseigne aux participants la façon appropriée d’intervenir en cas de crise, et présente des stratégies pour gérer une psychose, une réaction au stress aigu, des crises de panique et un comportement suicidaire. Bien que ce programme ait été élaboré pour les anciens combattants et leurs familles, il est également utile pour les anciens membres de la GRC, les professionnels de la santé et les fournisseurs de services aux anciens combattants.

Dans leurs évaluations, les participants indiquent que le programme leur a permis d’améliorer leur compréhension de la stigmatisation, de la santé mentale et des enjeux auxquels sont confronté(e)s les conjoint(e)s des militaires. Un des participants l’a d’ailleurs admis candidement : « J’aurais aimé avoir suivi ce cours il y a huit ans quand ma femme a développé un SSPT. »

En éliminant les obstacles au traitement, la CSMC et l’Institut des familles solides partagent l’espoir que les familles et les anciens combattants seront en mesure d’intervenir plus rapidement. Pour ce faire, l’Institut des familles solides offre du soutien aux enfants et aux familles des anciens combattants et aux membres actifs des forces armées par l’entremise de formations fondées sur les compétences. Le programme, offert par téléphone et en ligne, permet d’éliminer certains obstacles importants aux soins.

L’Institut des familles solides a commencé à offrir les programmes en 2014 en partenariat avec quelques Centres de ressources pour les familles des militaires. Financée par Services aux familles des militaires, Ottawa, et la fondation La Patrie gravée sur le cœur, l’organisation à but non lucratif a depuis reçu 335 demandes pour des familles d’anciens combattants et de militaires provenant de toutes les provinces et des Territoires du Nord-Ouest. Le taux de succès retentissant auprès de ces familles s’établit à 96 %.

Les formateurs de l’Institut des familles solides sont hautement qualifiés, non seulement pour aborder les préoccupations liées aux comportements et à l’anxiété, mais aussi pour faciliter les transitions comme dans les cas de déploiements, d’affectations et de réintégration. Les programmes abordent de façon globale les expériences auxquelles les anciens combattants et leurs familles sont confrontés. 

Un ancien combattant ayant suivi le programme sur la gestion de l’anxiété en compagnie de sa fille de 15 ans s'est souvenu à quel point il avait hâte d’apprendre les stratégies avec elle. Après avoir suivi le programme, non seulement sa fille a été en mesure de surmonter ses sentiments de panique et d’anxiété sociale, mais elle a été capable de se faire de nouveaux amis, de passer des fins de semaine à l'extérieur de la maison et de passer ses examens finaux sans les inquiétudes habituelles. Tout au long du processus, son père l'a encouragée et l’a aidée à mettre en pratique de nouveaux outils et de nouvelles stratégies.

Un membre de la famille d’un militaire a décrit le programme de l’Institut des familles solides comme étant « vraiment simple, bien que ce soit la chose la plus efficace que j’ai faite de ma vie ».

Alors que novembre tire à sa fin, et que la Semaine des anciens combattants et le jour du Souvenir cèdent leur place à la saison des Fêtes, la CSMC et l’Institut des familles solides sont déterminés à aider les anciens combattants tous les jours de l’année par l’entremise de ces programmes simples et accessibles.

Trouver le courage de demander de l’aide peut être difficile, mais obtenir de l’aide ne devrait pas l’être.