Les efforts d’un regroupement pour accroître l’accès à la psychothérapie

« Parité », « temps d’attente réduits », « moins d’obstacles », « les bons services, au bon moment »

Ce sont quelques-uns des mots et phrases clés employés par les membres du Réseau de mise en œuvre d’une politique de psychothérapie (RMPP) pour décrire ce que l’amélioration de l’accès à la psychothérapie signifie pour eux. Lors de leur première réunion en février dernier, ils ne se doutaient évidemment pas qu’une pandémie allait intensifier encore davantage l’urgence de leur travail.

Le RMPP est composé de dirigeants, de personnes ayant un vécu expérientiel, d’associations canadiennes de fournisseurs de soins de santé, de cliniciens, de chercheurs et d’autres experts. Il a pour objectif de soumettre des recommandations au gouvernement fédéral en vue d’accroître l’accès à la psychothérapie dans le système de soins de santé du Canada.

À titre de secrétaire du Réseau, la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) agit comme facilitatrice impartiale de ses activités. Karen Cohen, chef de la direction de la Société canadienne de psychologie (SCP), co-préside le Réseau aux côtés de la CSMC.

« Des psychothérapies gratuites sont offertes dans les hôpitaux et les centres de soins de santé mentale, mais les listes d’attente sont longues, et bien des gens ne peuvent se permettre les services offerts dans les cabinets privés, indique Louise Bradley, présidente et directrice générale de la CSMC. « Pourtant, ces traitements sont essentiels pour la santé de la population. »

Le Réseau est un lieu de partage d’information, explique Kam Tello, gestionnaire du programme Accès à des services de santé mentale de qualité de la CSMC. « Nous devons examiner les initiatives offertes dans chaque territoire de compétence, évaluer ce qui fonctionne et repérer les lacunes selon différents points de vue. Il s’agit d’un travail collaboratif. »

Le RMPP s’affaire actuellement à rédiger une déclaration sur la nécessité d’élargir l’accès à la psychothérapie. Dans sa préparation du processus et des recommandations pour y parvenir, il se penchera sur les modèles de financement, l’assurance qualité, la mise en œuvre et les paramètres de mesure des soins axés sur les résultats.

Ce travail revêt une importance accrue compte tenu des craintes, des incertitudes, des pertes d’emploi et de l’instabilité économique provoquées par la COVID-19. Pour Mme Cohen, il est devenu encore plus urgent de combler les lacunes en matière d’accès aux services de psychothérapie puisque les personnes, les familles et les communautés sont aux prises avec les répercussions de la pandémie sur leur santé physique et mentale. 

Heureusement, les secteurs public et privé de la santé du Canada ont redoublé d’efforts pour offrir des services et du soutien en santé mentale. Notons par exemple l’initiative d’intervention d’urgence de la SCP pour les travailleurs de la santé et les travailleurs sociaux aux premières lignes, l’ajout de séances de counseling et de psychothérapie aux avantages sociaux des employés du gouvernement et le portail de ressources et de counseling gratuits Espace mieux-être Canada du gouvernement fédéral.

Or, même si ces améliorations marquent un pas dans la bonne direction, bon nombre d’entre elles relèvent malheureusement de programmes particuliers et pourraient être temporaires. Des investissements durables dans les services de santé mentale doivent être réalisés pour améliorer le bien-être de la population et traiter les maladies à long terme.                        click to tweet french

« C’est pourquoi le RMPP est axé sur les solutions à long terme », explique Mme Tello. « Avec la COVID-19 qui nous guette, en plus des nombreux programmes et services qui ont été créés en réponse à la pandémie, la population canadienne continue d’avoir besoin d’importants traitements de santé mentale fondés sur des données probantes, et ce possiblement plus que jamais. »

Pour élaborer des recommandations qui correspondent à la réalité canadienne, le RMPP prend exemple sur d’autres pays. Le Royaume-Uni et l’Australie sont dotés de programmes d’accès élargi, financés par des modèles de subventions et d’assurance-maladie, qui font office d’études de cas déterminantes pour la création de solutions canadiennes. (Visitez la page Améliorer l’accès de la CSMC pour examiner ces exemples de plus près.)

Même si le RMPP a encore beaucoup à faire, ses membres sont encouragés par le changement de ton dans la discussion sur la santé mentale.

« De plus en plus, on semble reconnaître que la santé mentale fait partie de la santé et qu’elle devrait être traitée de façon égale à la santé physique », poursuit Mme Tello. Les employeurs manifestent davantage d’intérêt, la couverture médiatique est accrue et on parle davantage de l’accès et de l’importance de celui-ci. »

Mme Bradley abonde dans le même sens. « L’accès à de meilleurs soins de santé mentale pourrait être un facteur déterminant dans la lutte contre une pandémie de maladie mentale qui ferait écho à la pandémie de COVID-19 de laquelle nous commençons à émerger. S’il y a un point positif aux difficultés que nous affrontons actuellement, c’est peut-être la reconnaissance que la santé physique ne représente que la moitié de l’équation. Il n’y a pas de santé sans santé mentale. »

À mesure que la discussion sur la parité entre santé physique et santé mentale prend de l’ampleur, le RMPP s’efforce de poser des gestes concrets en ce sens. Par ses recommandations judicieuses, le Réseau aspire à positionner le Canada comme chef de file mondial en matière d’accès élargi à la psychothérapie.

Pour Maureen Abbott, gestionnaire du programme Accès à des services de santé mentale de qualité de la CSMC, la composition du Réseau lui-même rend un tel résultat plus probable. « Les membres apportent des expériences personnelles et professionnelles pertinentes en lien avec l’accès à la psychothérapie. Mais l’une des grandes forces du groupe est qu’il respecte et estime importante la diversité des opinions et des points de vue lorsqu’il recherche des consensus pour la prise de décisions. »