Notes d’allocution de

Louise Bradley
Présidente-directrice générale, Commission de la santé mentale du Canada

Lancement du rapport sur les résultats du projet de démonstration sur la cybersanté mentale
Le 9 septembre 2019

St. John’s, Terre-Neuve et Labrador

 

Bonsoir tout le monde.

Comme toujours, c’est un plaisir de revenir à la maison à Terre-Neuve et Labrador. Je suis doublement heureuse parce que nous sommes ici pour célébrer les résultats d’une méthode révolutionnaire de prestation de soins de santé mentale.

J’ai plongé pour la première fois dans le vaste bain de la connaissance en cybersanté mentale il y a environ une dizaine d’années. Je suis allée en Nouvelle-Zélande et j’ai été fascinée par les progrès qui étaient réalisés là-bas. Ils avaient fait en sorte que l’accès aux services soit aussi simple que de passer un appel ou d’ouvrir une session en ligne.

Ils étaient à l’avant-garde, engageant des personnalités populaires pour combattre la stigmatisation et pour normaliser la demande d’aide. Je me souviens d’avoir vu un avatar représentant un célèbre footballeur néo-zélandais parlant de ses difficultés et je me suis dit : ils ont mis le doigt sur quelque chose ici!

Et même si j’avais l’impression que la cybersanté mentale était propulsée dans une nouvelle ère, je n’aurais pas pu prédire le changement radical survenu au cours des dix dernières années. 

Mais une autre personne aurait pu le prédire.

Et cette personne c’est Anil Thapliyal.

Anil est ici avec nous ce soir. Il a été à l’origine des travaux novateurs réalisés par la Nouvelle-Zélande en cybersanté mentale. Mais comme c’est le cas des meilleurs innovateurs et entrepreneurs, la générosité d’esprit d’Anil l’a incité à faire le tour de la planète pour venir visiter notre île à plus d’une reprise. 

En même temps qu’Anil procédait à la restructuration de l’approche de la Nouvelle-Zélande pour la prestation de soins, il partageait ses connaissances chèrement acquises et fondées sur des preuves avec d’autres juridictions, incluant le gouvernement de Terre-Neuve et Labrador.

Il nous a fallu un certain temps pour tout comprendre, mais je suis fière et contente qu’Anil soit ici avec nous pour voir à quel point les choses peuvent avancer quand le vent tournera en notre faveur.

J’aimerais partager une histoire personnelle avec vous – elle pourrait aider à expliquer ma passion pour ce projet et ma conviction que ce projet permettra de changer des vies. 

Quand j’avais 12 ans, j’ai été hospitalisée et placée sous les soins d’un psychiatre. Il réussit à deviner la pagaille que représentait ma vie à la maison – entrant et sortant à répétition du système d’adoption. Il comprit mon traumatisme et la façon dont cela façonnait mes réponses d’une manière qui semblait surhumaine. Particulièrement parce que le seul mot que je connaissais pour décrire ma situation était « désespoir ».

En fait, j’ai reçu les soins qui étaient disponibles à ce moment-là – des soins en situation de crise à très court terme. Mais mes besoins étaient grands. J’obtenais mon congé après trois semaines, remplie d’espoir, mais seulement pour connaître une rechute en raison du manque de soutien continu.

Si j’avais eu accès au modèle de soins par paliers 2.0 offert par le Dr Peter Cornish, je suis pratiquement certaine que mon parcours vers le rétablissement aurait été beaucoup plus harmonieux.

Je pense que si j’avais eu accès par téléphone à la thérapie cognitivo-comportementale, ou si j’avais eu la possibilité d’avoir une séance unique sans rendez-vous ou la capacité d’obtenir le suivi nécessaire avec mon fournisseur de soins, je ne me serais pas sentie autant à la dérive.

Le modèle de soins par palier 2.0 est une façon intelligente de mobiliser les ressources et de les affecter de façon appropriée.

Comme l’explique lui-même le Dr Cornish, une « mauvaise journée » n’est pas la même chose qu’une dépression clinique. Étant donné la rareté de nos précieuses ressources humaines en santé mentale, nous devons nous assurer que leur expertise est réservée aux circonstances où elle est justifiée. 

À mon avis, l’adoption de la cybersanté mentale est une évidence. Nous ne pouvons pas nous attendre à faire des progrès en finançant les mêmes services qu’autrefois qui ne répondent actuellement plus à la demande.

Et c’est là qu’entre en action le modèle de soins par palier 2.0. Ce modèle bouleverse notre modèle actuel de prestation de services en faveur de quelque chose de différent – ébranlant ainsi le statu quo inadéquat.

 Nous vivons dans une société où les gens ont souvent de la difficulté à obtenir des services en santé mentale. Or, 80 % d’entre nous sont en ligne... Donc la cybersanté mentale représente une option sensée. Mais elle n’est pas largement utilisée au Canada – et j’espère que le modèle de soins par palier 2.0 permettra de changer la situation.

Nous croyons très fortement en l’importance d’investir dans la cybersanté mentale, car les services ne sont pas seulement pratiques et accessibles… ils sont souvent aussi efficaces que les traitements en personne.

Si nous n’investissons pas dans cette innovation qui change la donne, l’aide pour les maladies mentales demeurera un privilège complètement hors de la portée de certaines des populations les plus vulnérables. Vous tous qui êtes présents ici aujourd’hui, incluant le ministre Haggie, vous veillez à ce qu’une telle situation ne se produise pas.

Pour s’attaquer à la maladie mentale à une époque moderne, il faudra une solution du XXIe siècle. Afin d’harmoniser les contextes des maladies physiques et des maladies mentales, il faudra adopter des pensées progressistes et, plus important encore, des mesures progressistes.

Il faudra aussi écouter les personnes ayant un savoir expérientiel de la maladie mentale qui sont ici aujourd’hui pour partager leurs histoires et qui demandent de plus en plus à prendre part aux processus décisionnels. Ces personnes peuvent en apprendre beaucoup aux cliniciens, aux décideurs politiques et aux organisations nationales.

Si nous nous engageons à apprendre les uns des autres et à mettre en application ces connaissances, il n’y aura pas de limite au progrès que nous pourrons réaliser. À cet effet, je suis heureuse de vous présenter le cerveau derrière le modèle de soins par palier 2.0. Dans un contexte comme celui-ci, le Dr Peter Cornish n’a besoin d’aucune présentation.

Le Dr Cornish reconnaît que notre système a besoin d’une transformation. Mais il occupe une position unique pour permettre d’atteindre cet objectif. Le modèle de soins par palier 2.0 du Dr Cornish est un modèle adapté, souple et qui favorise l’autonomisation des patients. Et je suis si fière que notre province soit à l’origine de cette innovation ayant la capacité de réduire, voire même d’éliminer, les obstacles aux soins.

Joignez-vous à moi pour accueillir le Dr Peter Cornish.