Monsieur Ian Scott
Président et premier dirigeant
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)
1, promenade du Portage
Gatineau, Québec  J8X 4B1

25 février 2021


Monsieur,

Je vous écris au nom de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) pour porter à votre attention le besoin urgent de créer un numéro de prévention du suicide à trois chiffres facile d’accès – un élément important de toute stratégie de prévention du suicide, comme le préconise l’Organisation mondiale de la Santé, notre partenaire de longue date.

Un numéro à trois chiffres retirerait instantanément un obstacle pour toute personne effectuant un appel de détresse. Le député de Cariboo—Prince George, M. Todd Doherty, a présenté avec succès une motion pour la création e d’une ligne téléphonique nationale de prévention du suicide à trois chiffres (988) accessible à toute la population canadienne. Le soutien unanime reçu par la motion souligne le caractère universel de cette problématique. Il en va de même pour la pétition lancée par la jeune militante Madi Muggridge signée par 34 000 personnes au Canada.

Au cours des derniers mois, la CSMC s’est associée aux Services de crises du Canada, au Centre de toxicomanie et de santé mentale et à l’Association canadienne pour la santé mentale (bureau national) pour rédiger un livre blanc qui dont le titre est Considerations for Implementing a Three-Digit Suicide Prevention Number in Canada (traduction libre : Considérations pour la création d’une ligne téléphonique de prévention du suicide à trois chiffres au Canada). Ce document, qui devrait paraître en mars, décrit les facteurs que le Canada devra prendre en considération pour mettre en œuvre sa ligne de prévention du suicide à trois chiffres.

Les données probantes montrent sans conteste qu’un numéro de prévention du suicide à trois chiffres facilite l’aiguillage vers les services locaux de prévention du suicide et offre une information claire aux personnes qui en ont besoin. À la faveur d’une promotion adéquate, une ligne téléphonique peut rapidement réduire la confusion et sauver des vies.

En travaillant ensemble, nous pouvons réaliser des progrès remarquables dans la prévention du suicide, une problématique de santé mentale majeure et une des premières causes de mortalité au Canada. La pandémie de COVID-19 qui se poursuit n’a fait qu’accroître la nécessité d’une ligne de prévention à trois chiffres facile d’accès. Une récente étude pancanadienne a révélé qu’une personne sur 20 au Canada avait eu des pensées suicidaires dernièrement, soulignant particulièrement les répercussions disproportionnées de la pandémie sur certains sous-groupes.

Nous comprenons que le CRTC envisage la tenue de délibérations publiques pour déterminer s’il doit mandater les fournisseurs de télécommunications canadiens pour créer un numéro à trois chiffres. Nous encourageons fortement le CRTC à lancer un large débat afin d’assurer que les personnes ayant un savoir expérientiel, les défenseurs de la cause de la santé mentale et les partenaires du secteur de la prévention du suicide et des lignes d’écoute téléphonique puissent être entendus. En plus de transmettre le livre blanc et d’autres données scientifiques, nous serions ravis d’avoir l’occasion de contribuer aux audiences du CRTC, si des délibérations devaient avoir lieu. 

Une ligne de prévention du suicide à trois chiffres déployée adéquatement permettra de sauver des vies. La décision du CRTC d’organiser les délibérations qui s’imposent est une étape cruciale dans ce processus. Nous nous tenons prêts à appuyer cet effort par tous les moyens nécessaires.

 

Cordialement,

lousie signature

 

 

Louise Bradley, C.M.
Présidente et directrice générale, Commission de la santé mentale du Canada

 

cc : L’honorable Steven Guilbeault, Ministre du Patrimoine canadien
L’honorable Paty Hajdu, Ministre de la Santé,
Stephanie MacKendrick, Présidente-directrice générale, Services de crises du Canada
Margaret Eaton, Cheffe de la direction nationale, Association canadienne pour la santé mentale,
Alison Crawford, Clinicienne-chercheuse, Centre de toxicomanie et de santé mentale