Pour relever le profil de la santé mentale

Le troisième symposium de la Banque royale du Canada (RBC) sur la santé mentale s’est tenu au Collège Seneca le 3 mai.

L’événement d’un jour, organisé par la RBC, a réuni des organismes communautaires et des agences de services sociaux, des praticiens de la santé mentale, des chercheurs, des universitaires et des étudiants.

Dans son allocution, le conférencier principal, Michael Wilson, président du conseil d’administration de la Commission de la santé mentale du Canada (la Commission), a félicité les personnes présentes pour leur contribution au domaine de la santé mentale et a présenté des arguments convaincants en faveur du renforcement des investissements, de la recherche et de l’action militante.

« Il faut que toute personne vivant avec un problème de santé mentale ou une maladie mentale se sente suffisamment en sécurité pour parler ouvertement et librement des défis qu’elle a à surmonter », de dire M. Wilson, dont le fils s’est suicidé en 1995.

M. Wilson a parlé de façon émouvante de son expérience personnelle à titre de parent et d’ancien parlementaire et il a proposé des solutions concrètes pour améliorer le système de santé mentale du Canada.

D’abord et avant tout, il demande une augmentation des dépenses en santé mentale : le coût de la maladie mentale au Canada dépasse 50 milliards de dollars par année, mais les investissements demeurent largement disproportionnés.

« La part du budget total de la santé qui est consacrée à la santé mentale est estimée à seulement 7 % au Canada; dans ce contexte, il est quasiment impossible de fournir un soutien approprié aux personnes qui en ont besoin », selon M. Wilson, qui a expliqué qu’en dépit du fardeau financier significatif qu’ils occasionnent, les troubles psychiatriques ne reçoivent qu’une faible portion du financement de la recherche.

« Sans injection de capitaux, l’innovation et la qualité des soins vont stagner », ajoute‑t‑il. M. Wilson est d’avis que cette insuffisance des investissements est attribuable en grande partie aux effets dommageables de la stigmatisation.

La stigmatisation, selon lui, peut limiter les possibilités d’emploi, de logement et d’éducation. Et la stigmatisation de la maladie mentale demeure répandue : on la retrouve dans les hôpitaux, au travail et à l’école, en milieu urbain et en milieu rural partout au pays.

« Faites appel à vos cercles d’influence pour relever le profil de la santé mentale, c’est ce que M. Wilson a dit en conclusion. Exigez que les autorités de la santé agissent, persuadez l’industrie et les pouvoirs publics d’investir davantage dans la recherche et faites votre part pour éradiquer la stigmatisation en en parlant haut et fort dans la collectivité. »

Apprenez plus sur Le rapport provisoire de l’initiative Changer les mentalités et le progrès réalisé en matière de la lutte contre la stigmatisation.