La CSMC financera 14 projets d’une durée de vie de deux ans (2020-2022) qui permettront de se pencher sur les lacunes dans les connaissances liées à la relation entre l’usage du cannabis et la santé mentale au sein des populations prioritaires.
 

Un aperçu des projets


Une coproduction : utiliser la vidéo participative en vue de réduire la stigmatisation et de sensibiliser le public (Montréal, Québec)

Population prioritaire : les personnes aux prises avec une maladie mentale qui consomment du cannabis

Grâce à un processus participatif, les participants créeront et diffuseront des vidéos portant sur le cannabis et la maladie mentale. Les vidéos seront conçues pour sensibiliser les téléspectateurs et réduire la stigmatisation, tout en favorisant l’autonomisation, le rétablissement et la résilience des participants. Ce projet sera réalisé par le groupe RADAR (Recovery Advocacy Documentary Action Research), en partenariat avec des membres de la Maison UP de Donald Berman, un centre de réadaptation psychosociale qui offre des services aux adultes qui ont connu des difficultés psychiatriques.


Ouvrir la voie vers une sécurité sociale et une meilleure santé mentale grâce à la légalisation du cannabis (Cap-Breton, Nouvelle-Écosse)

Population prioritaire : les citoyens de petites villes qui sont confrontés à des difficultés sociales et économiques, qui consomment du cannabis et incarcérés pour des motifs en lien avec la drogue

Le projet vise à explorer l’incidence que la légalisation du cannabis a eue, ou pourrait avoir, sur la réduction des effets destructeurs – engendrés par la stigmatisation sociale, l’exclusion, les menaces, les mesures répressives et l’incarcération – sur la santé mentale et le bien-être des personnes qui consomment déjà des substances comme moyen de composer avec de telles pressions. En présentant des points de vue directs, ce projet examinera les difficultés auxquelles de nombreuses personnes ont été confrontées en rapport avec les caractéristiques propres à la vie dans les petites villes et communautés rurales. Ce projet sera dirigé par l’Université du Cap-Breton et le Centre Ally du Cap-Breton.


Soutenir adéquatement les mères qui consomment du cannabis (Ontario)

Population prioritaire : les mères qui consomment du cannabis, et les fournisseurs de soins de santé et de services sociaux 

À l’aide de dialogues délibératifs, ce projet regroupera des connaissances relatives aux expériences périnatales et parentales d’Ontariennes qui consomment du cannabis. Ces connaissances seront ensuite mises à contribution par le biais d’approches de conception centrées sur les utilisatrices, et ce, en vue d’élaborer des outils de pratique et d’éducation qui amélioreront les services sociaux et de soins de santé de première ligne destinés à cette population. Ce projet de recherche sera mené par des chercheurs de l’Université McMaster et des femmes qui consomment du cannabis, en collaboration avec des intervenants communautaires issus des domaines de la périnatalité, la santé mentale et la protection de l’enfance.


Comprendre comment les jeunes immigrants, réfugiés, ainsi que les groupes ethnoculturels et racialisés (IRER) vivent la relation entre la consommation de cannabis et la santé mentale, par l’entremise d’une méthode de coconception fondée sur l’expérience (Ottawa, Ontario)

Population prioritaire : les jeunes immigrants et réfugiés ainsi que les groupes ethnoculturels et racialisés qui consomment du cannabis

Ce projet vise à explorer la manière dont les jeunes IRER ont accès aux services liés au cannabis et à la santé mentale, ainsi que l’usage qu’ils en font, en plus de se pencher sur les conditions uniques affectant leur utilisation des services et les résultats qui en découlent. Les résultats permettront aux chercheurs de comprendre et de mesurer efficacement la prévalence de la consommation de cannabis chez les jeunes IRER. Cette recherche sera menée par le Center for Resilience and Social Development, la Société de recherche sociale appliquée, et un chercheur de l’Université du Minnesota, au campus de Twin Cities.


Le cannabis et la santé mentale parmi les populations marginalisées (Ottawa, Ontario)

Population prioritaire : les personnes vivant avec une maladie mentale qui consomment (ou ont consommé) du cannabis, et qui sont en situation d’itinérance, membre d’un groupe racialisé, vivant dans la rue et (ou) ayant des démêlés avec la justice, et qui vendent et (ou) achètent des substances de façon illicite et (ou) travaillent dans l’industrie du sexe.

Est-ce que le cannabis rend les gens plus susceptibles d’avoir une maladie mentale, ou est-ce que les personnes vivant avec une maladie mentale sont plus susceptibles de consommer du cannabis pour atténuer leurs symptômes? Ce projet a pour but de comprendre la nature directionnelle de la relation entre la consommation de cannabis et la maladie mentale en explorant pourquoi les populations marginalisées vont choisir de consommer ou encore d’éviter le cannabis. Ce projet sera réalisé par l’Université d’Ottawa, l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, le Centre Bridge Engagement, le Conseil de planification sociale d’Ottawa, le programme Oasis, Logement communautaire d’Ottawa, la Fondation communautaire d’Ottawa, et le Comité du sida d’Ottawa.


Incidence de la consommation de cannabis sur les programmes de traitement de la dépendance aux substances offerts par les tribunaux de traitement de la toxicomanie en Ontario

Population prioritaire : les personnes ayant un savoir expérientiel qui consomment du cannabis, et qui ont des démêlés avec la justice

La consommation de cannabis aide-t-elle ou nuit-elle à la réussite d’un participant à un programme de traitement de la dépendance aux substances prescrit par un tribunal de traitement de la toxicomanie (TTT)? Ce projet explorera les expériences des participants et les perceptions des fournisseurs de services en ce qui a trait à la consommation de cannabis et l’incidence sur les services offerts aux clients. L’objectif est de cerner les répercussions disproportionnées sur les femmes et les groupes racialisés, ainsi que les effets de la criminalisation. Le projet sera dirigé en partenariat, par l’Association canadienne pour la santé mentale (Ontario) et la Société John Howard de l’Ontario, avec le soutien du Dr Akwasi Owusu-Bempah (Université de Toronto) et du Comité provincial de coordination des services sociaux et de justice de l’Ontario, ainsi qu’une longue liste de services communautaires qui appuient les participants au programme TTT en Ontario.


Comprendre le lien entre l’usage de cannabis et la santé mentale : un regard sur les expériences des adultes âgés (Toronto, Ontario)

Population prioritaire : les adultes plus âgés touchés par des problèmes de santé mentale qui consomment du cannabis

Le projet vise à déterminer et à comprendre les facteurs contribuant à la consommation de cannabis chez les Canadiens âgés qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ce projet sera réalisé par l’Initiative nationale pour le soin des personnes âgées (Dre Lynn McDonald), l’Institut national sur le vieillissement, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, le Centre de toxicomanie et de santé mentale, le centre Baycrest Health Services, le Service de police de Toronto, l’Association canadienne des individus retraités, l’Université de Toronto et CanAge (un organisme de défense des droits des aînés).

Illustrer les expériences et les perspectives de consommation de cannabis de jeunes Québécois issus de la communauté 2SLGBTQ+ et vivant avec une maladie mentale (Montréal, Québec)

Populations prioritaires : les jeunes de la communauté 2SLGBTQ+ vivant avec une maladie mentale qui consomment du cannabis

Quels sont les facteurs actuels qui influencent la consommation de cannabis chez les jeunes de la communauté 2SLGBTQ+ aux prises avec une maladie mentale? Cette question trouvera réponse par le biais d’un projet Photovoice dans lequel les jeunes 2SLGBTQ+ se serviront de leurs expériences de santé mentale et de consommation de cannabis pour éclairer des programmes ciblés de promotion de la santé et de réduction des méfaits. Cette recherche sera dirigée par Olivier Ferlatte de l’Université de Montréal, en partenariat avec Rézo, l’Association des intervenants en dépendance du Québec ainsi que le Centre sur les dépendances et l’usage de substances de la Colombie-Britannique.
 


Projets menés par des Autochtones


Analyser la relation entre le cannabis et le bien-être mental chez les Premières Nations

Population prioritaire : les adultes et les jeunes des Premières Nations vivant dans les réserves et les communautés nordiques

Le projet explorera les facteurs liés à la consommation de cannabis et au bien-être mental dans un contexte autochtone, notamment un examen des données d’enquête existantes, une analyse documentaire approfondie, ainsi que l’élaboration d’indicateurs et de recommandations visant des recherches plus poussées. Ce projet sera réalisé par l’unité de recherche du Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations, en collaboration avec l’Assemblée des Premières Nations.


Mohawks du territoire de la Baie de Quinte—Tyendinaga : des projets de recherche communautaire sur le cannabis et la santé mentale (territoire mohawk de Tyendinaga, Ontario)

Population prioritaire : les membres des Premières Nations qui consomment du cannabis

Le projet explorera l’incidence du cannabis sur la culture et le bien-être, via la compréhension des habitudes de consommation de la communauté. Les participants seront invités à partager leurs points de vue sur le sens accordé au fait d’être un membre de la Nation Haudenosaunee et d’appartenir à la communauté mohawk de Tyendinaga; la signification culturelle du bien-être et de la bonne santé mentale; ainsi que l’incidence du cannabis sur la culture et l’identité individuelle et collective de la communauté. Ce projet sera réalisé par les Mohawks de la Baie de Quinte et l’Université Queen’s.


Aborder la stigmatisation associée à la consommation de cannabis par les parents chez les Premières Nations, par l’entremise de l’engagement communautaire et l’examen des politiques

Population prioritaire : les parents issus des Premières Nations qui consomment du cannabis, et qui éprouvent des difficultés sur le plan de leur bien-être

Ce projet vise à explorer les liens entre les habitudes de consommation de cannabis par les parents et le retrait des enfants ainsi que leur placement dans des programmes de protection. Par le biais de discussions, le projet mettra en place des outils de prévention et de réduction des méfaits, lesquels seront accessibles aux membres des Premières Nations, de même que différentes trousses d’outils pour les organismes de services sociaux. Cette recherche sera réalisée par la Thunderbird Partnership Foundation (Dre Carol Hopkins), le Groupe de recherche sur l’usage de substances à l’Université Lakehead (Dr Christopher Mushquash), le Centre familial Dilico Anishinabek et le First Peoples Wellness Circle, avec le soutien du Secrétariat à la santé et au développement social des Premières Nations du Manitoba, Inshiyuu Miyuupimatisiuun et l’Assemblée des Premières Nations.


Analyser la consommation de cannabis et la santé mentale des Métis du Manitoba (Winnipeg, Manitoba)

Population prioritaire : les Métis du Manitoba qui consomment du cannabis

Ce projet a pour but d’explorer les perceptions de la communauté concernant les changements pouvant s’être produits au sein de la population métisse depuis la légalisation du cannabis à des fins récréatives. À la suite d’entretiens avec des répondants clés et des groupes de discussion, l’équipe de projet utilisera des stratégies d’application des connaissances pour partager les indications générées et ainsi éclairer l’élaboration des politiques. Ce projet sera réalisé par des chercheurs de la Fédération des Métis du Manitoba et de l’Université du Manitoba.


Cannabis si koom la Michinn (le cannabis comme un médicament) (Surrey, Colombie-Britannique)

Population prioritaire : les Métis de la Colombie-Britannique qui consomment du cannabis

Ce projet explorera les habitudes de consommation de cannabis chez les Métis, ainsi que les obstacles qui surviennent pour accéder au cannabis à des fins thérapeutiques. Ce projet vise à réduire la stigmatisation liée à la consommation de cannabis, de même qu’à contribuer à l’élaboration d’un cadre sur la santé mentale et l’usage de substances, ainsi que d’un cadre de réduction des méfaits à l’intention des Métis. Dirigé par la Nation métisse de la Colombie-Britannique et des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, le projet est soutenu par la Régie de la santé Fraser en Colombie-Britannique.


Le cannabis et la santé mentale des membres des Premières Nations : Lifting the Pipes (Calgary, Alberta)

Population prioritaire : les aînés autochtones

En tenant compte du contexte social, culturel et traditionnel, comment le cannabis était-il perçu et utilisé avant les premiers contacts [avec les Européens] à l’égard des cérémonies, de la loi naturelle et de la santé mentale au sein des communautés autochtones? Grâce à des cercles de consultation axés sur le recueil de récits partagés par voie orale, ce projet explorera les implications et les avantages éventuels du cannabis comme méthode de guérison. Ce projet sera réalisé par Mahegun Tails Inc., en consultation avec les Aînés et des experts d’organismes de la collectivité et des collectivités avoisinantes.